26 janvier 2009

> JPP CIGARES: LE LOUP BLANC DE LA LOUVIÈRE


Jean-Pierre Petyt, à La Louvière, près de Mons (Belgique), tient un magasin de référence en matière de pipes, de tabacs et de cigares. C'est un homme d'une extrême courtoisie et très compétent. Ca devient rare. Et cela méritait bien une visite au 87, rue Sylvain Guyaux.

Plein d'humour, le maître des lieux ne s'arrête jamais de parler de sa passion. Au moins douze heures de travail par jour, six jours sur sept, sans lassitude... et cela depuis plus de 25 ans, lorsqu'il a acquis ce qui n'était qu'un modeste "drugstore" dont il a fait un point central du P.T.B , le Paysage Tabagique Belge. Au moins ! De l'extérieur, la boutique ne paye pas de mine...Apparences trompeuses !
Connu comme le loup blanc bien au-delà de sa région, le Hainaut, Jean-Pierre présente dans sa boutique environ 1200 pipes et une offre maximale en matière de tabacs et de cigares, conservés dans une pièce spéciale, à bonne température et bon taux d'humidité.
Pas étonnant alors que les Belges autant que les Français fassent le déplacement pour venir passer un moment chez Jean-Pierre et faire quelques réserves...
"JPP", pour les intimes, a créé récemment un confortable salon-fumoir derrière le magasin. Mais chut ! Nous entrons-là dans un espace privé, dans lequel on ne peut pénétrer qu'en montrant patte blanche. De même, mieux vaut être insistant pour que Jean-Pierre aille nous chercher des trésors plus ou moins oubliés dans sa réserve secrète, quelque part au premier étage...
Une question égoïste nous taraude: "Quid de l'avenir" ? Car dans un an été demi, Monsieur Petyt aura droit à sa pension de retraite, d'ailleurs bien méritée. Nous jouera-t-il le mauvais tour de se retirer pour cultiver son jardin et tondre sa pelouse, ou continuera-t-il à vendre ce que la nature a fait de meilleur: des feuilles de tabac, des broussins de bruyère et des blocs d'écume ?
Jean-Pierre, ne filez pas à pas de loup ! Restez pour longtemps le loup blanc de la Louvière. N.S. (photos Jacques et Arthur).

Sur le site
JPP CIGARES , la liste des tabacs disponibles et un assortiment de pipes parmi celles que propose le magasin, ainsi que les coordonnées.

Lire également: interview de Christophe Plétinckx >
Lire également: Johan D'Hondt à Tournai >


_________________________________________________________________


EN BREF...


-Belle image à Epinal: Patrick Cornu, du magasin "Le Cadre Noir", a retrouvé un ancien stock de plus de 15O pipes de diverses marques: Myon, Flamidor, Ropp, SF, Abdulla, Shok, Albertson, Hilson, Caravelle, Kant,­ Falcon.....et une Sommer sablée.
Il y en a pour tous les goûts, des gainées de cuir, des tuyaux en corne, des sablées, des lisses, des porcelaines, des foyers écumes... (cliquer sur la photo pour l'agrandir).

Pour contacter Patrick: 03.29.35.17.71 ou cadre.noir@free.fr


-Rappel: Le Pipe-Club de Lille organise son concours annuel samedi 7 février. A cette occasion, et pour les trente ans du club, une pipe spécialement gravée a été produite par Butz-Choquin. Renseignements et inscriptions : Pipe Club de Lille -Tél. 03 20 921 025 - 06 80 625 555 / e-mail: jeanmax.strilka@wanadoo.fr .


-Plus tard: Le Festival Georges Simenon se tiendra aux Sables d'Olonne (Vendée) du 13 au 21 juin 2009. Ce sera la 11° édition de ce rendez-vous dédié au plus célèbre écrivain fumeur de pipe, créateur du plus fameux commissaire-pipeur... Contact: festsimenonsable@aol.com .

____________________________________________

18 janvier 2009

> BERGERAC: ENTRE CYRANO ET NICOT



Cyrano ne fumait pas la pipe. Dommage, car son nez lui aurait permis d'en apprécier tous les parfums... Le vrai Cyrano, Savinien de Cyrano de Bergerac, n'était d'ailleurs pas bergeracois. Cela n'empêche pas cette ville de Dordogne d'exposer dans ses rues deux statues de l'illustre personnage d'Edmond Rostand. Mais ce n'est pas ce nez qui nous intéresse. C'est l'herbe que parfois l'on prisait grâce à ce roc, à ce pic, à ce cap... à cette péninsule !
A Bergerac, et plus largement dans le sud-ouest de la France, c'est l'histoire d'une activité agricole toujours existante, même si les campagnes anti-nicotine ont réduit considérablement la culture de "l'Herbe à Nicot" ces dernières années.
Néanmoins, il subsiste dans cette région, autrefois appelée la Guyenne, des producteurs qui, contre vents hygiénistes et marées moralisatrices, cultivent le tabac: Burley, Virginie et Brun. Ce dernier était la variété traditionnelle française, qui a d'ailleurs donné le nom de Bergerac à un fameux mélange pour pipe. C'est dans cette ville périgourdine qu'est basé l'Institut du Tabac, un centre de recherche sur la plante et ses centaines de variétés.
D'autre part, dans le Vieux Bergerac, la Maison Peyrarède (du 17° siècle) abrite le Musée d'Anthropologie du Tabac. Bernard Clergeot, son conservateur, fumeur de pipe occasionnel, tient à ce que le tabac soit présenté sous tous ses aspects: historiques, culturels, sociologiques et médicinaux... Car c'est pour soigner les migraines de Catherine de Médicis, la Reine Mère, que Jean Nicot aurait introduit ces feuilles à la Cour de France en 1560, à son retour de Lisbonne où il occupait le poste d'ambassadeur. Très vite, le tabac fut très prisé parmi les grands du Royaume.
"C'est l'histoire officielle, selon Bernard Clergeot. On oublie que le tabac, découvert aux Amériques par Christophe Colomb à la fin du 15° siècle, était fumé dans les ports. On a également oublié qu'André Thevet, aumônier de la Reine, semble avoir précédé Nicot en cultivant du tabac dans le jardin des Cordeliers à Angoulême dès 1556".
L'histoire de cette herbe de tous les maux fut ensuite faite tantôt d'adoration, tantôt d'interdiction. Au fil des époques, la panacée devint poison et le remède pire que le mal.
Le Musée de Bergerac n'en fait pas l'apologie. Mais il ouvre un grand livre d'Histoire de cette plante du genre Nicotiana et des hommes qui, des Indiens d'Amériques aux Européens d'aujourd'hui, ont aimé ou rejeté ce végétal.
Sur plusieurs étages de cet hôtel particulier, une collection exceptionnelle d'objets du fumeur est présentée: râpes ouvragées, tabatières travaillées, pots à tabac décorés, calumets complètement sioux, pipes sculptées, outils et machines (dont un exemplaire de la machine à sculpter inventée par Jean Dalloz en 1863), tableaux et gravures... La majorité des pièces exposées sont des legs.
Bernard Clergeot, qui s'est battu pour que ce lieu devienne une référence, a bon espoir d'élargir encore la collection en récupérant les trésors de l'ancien Musée de la Seïta de Paris. Des trésors enfouis quelque part dans des cartons. Pour l'instant. N.S.
(Tous les objets présentés ici sont visibles au Musée de Bergerac. Tél: 05.53.63.04.13.)

QUESTIONS A ROBERT POLESE, président de "Tabac Garonne Adour"
-Combien reste-t-il de producteurs de tabac dans la région ?
Pour les cinq départements que regroupe notre coopérative, environ 500. Nous couvrons la Gironde, les Landes, le Lot-et-Garonne, les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées. C'est pour les agriculteurs une activité de complément, qui demande beaucoup de main-d'oeuvre, mais qui est d'un rapport non négligeable.
-Une activité en baisse ?
Pour nous, non. Mais nos voisins de la Dordogne sont plus touchés. Reste à savoir ce qui se passera avec la nouvelle PAC ( Politique Agricole Commune) en 2010. Car pour l'instant, nos producteurs de tabac vivent aux 2/3 grâce aux primes.
-Quels sont les plants de tabac que vous cultivez ?
De trois types: Virginie, Burley et les tabacs bruns, essentiellement de variétés ITB 1000 ( de l'Institut du Tabac de Bergerac) et Malawi.
-Vous regroupez des petits producteurs. Pourquoi ne pas vous-mêmes faire de la vente de produits finis ?
Mais c'est ce que nous faisons ! Avec le 16-37, un tabac blonc à rouler, mélange de Burley et de Virginie. Il est distribué par Altadis, mais c'est un mélange de tabacs produits dans le Sud-Ouest, sans arôme ajouté et avec une parfaite traçabilité.
-Pourquoi cette appellation 16-37 ?
Parce que c'est en 1637 qu'à Clairac, dans le Lot-et-Garonne, on a procédé pour la première fois en France à la culture en quantité de cette graine venue des Antilles.
-Comptez-vous faire un tabac à pipe ?
Nous lancerons bientôt un 16-37 brun, que l'on pourra rouler ou fumer dans sa pipe.
_________________________________________
EN BREF...
-La vente des pipes en terre et autres objets collectionnés par Maurice Raphaël aura lieu samedi 31 janvier chez Maître Damien LECLERE au 5, rue Vincent Courdouan 13006 Marseille. Téléphone : 04 91 50 00 00.
-Le prochain pipe-show de Lohmar (près de Cologne en Allemagne) se tiendra le samedi 28 mars 2009 de 10h à 17 heures.
Infos: http://www.pfeifen-messe.de/pageID_3947341.html
-Les dernières pipes Jean Lacroix sont disponibles à petit prix chez Pascal Piazzola. Détails en cliquant ici.
Pour joindre la rédaction par mail: pipegazette@hotmail.fr

04 janvier 2009

> L'HISTOIRE PARKER


La marque Parker fut créée en 1922 en Angleterre par Dunhill, qui trouvait là une façon de commercialiser les pipes ne méritant pas de porter le fameux point blanc, signe de distinction des meilleures bruyères, travaillées avec grand soin.
Cela ne signifie pas que les pipes "rejetées" par Dunhill n'étaient pas de bonnes fumeuses, mais elles ne correspondaient pas intégralement aux exigences édictées par Sir Alfred... Non seulement des défauts mineurs les disqualifiaient pour pouvoir arborer la marque prestigieuse, mais les Parker ne subissaient pas un processus aussi rigoureux de fabrication.

En 1935, Dunhill achetait la marque Hardcastle, avec l'objectif de la marier avec Parker pour former une nouvelle entité.

Il fallut attendre l'année 1967 pour que le groupe Parker-Hardcastle soit une réalité juridique. A partir de ce moment, la différence entre Parker et Dunhill se fit de plus en plus évidente, les productions de plus en plus indépendantes.

Aujourd'hui, on peut constater que le mouvement est inverse: il faut avoir l'oeil pour différencier les deux gammes. Rien ne ressemble plus à une Dunhill qu'une Parker: forme, sablage, teinte, style du marquage... Le prix, en revanche, est un élément distinctif très visible: une Parker affiche une valeur marchande souvent trois ou quatre fois moindre que sa soeur ponctuée de blanc. Reste à savoir si cette différence se justifie rationnellement. Vieux et vaste débat ! N.S. (source: Pipedia)

EXPERIENCE PARKERIENNE, par Jean-Luc
Nous savons bien que Parker a été créé par Dunhill, dans un premier temps, pour écouler ses chutes. Peu après, cette marque a développé sa propre production. Et, bien évidemment, quand nous achetons une Parker, c'est le coeur plein d'espoir, souhaitant avoir trouvé la super bonne affaire; une Dunhill sans le point blanc, mais avec toutes les qualités de ces dernières.

J'ai gagné une Parker sur Ebay ( photo ci-dessus) ! D'abord je dois dire que l'expression; "gagner une enchère sur Ebay" me dérange. Pour moi en effet, le terme "gagner" est toujours positif, or combien de fois ne "gagnons"-nous pas des choses sur Ebay que l'on aurait mieux fait de perdre ?!?

Mais cette fois, j'ai vraiment gagné ! J'ai lu récemment un texte très intéressant à propos des rejets Dunhill. Il disait qu'au plus tard la pipe était rejetée de la production dunhillienne, au plus elle serait imprégnée de la qualité Dunhill. Evidemment, pour un "rejet de valeur", combien y a-t-il d'autres produits de moindre intérêt ? Bref, je ne prétends pas avoir fait l'affaire du siècle, mais quand même...

J'ai cédé à cette pipe en premier lieu pour son sablage pas piqué des vers. Il paraît que la bruyère algérienne utilisée à l'époque par Dunhill était caractérisée par ces sablages profonds. Ensuite, je suis retombé sur des photos de la Dunhill de Guillaume (de Fumeurs de Pipe. NDLR), ressemblant furieusement à ma Parker, ou l'inverse (avec un net avantage pour le sablage de la mienne;-) ) Et donc ça m'a intrigué et encouragé.

J'ai donc "remporté" l'enchère, et quelques jours plus tard, je reçevais l'objet en question. Première impression: très bonne, très très bonne ! Sablage vraiment spectaculaire, légèreté incroyable de la tête, tout respire le bon, le très bon. Seul bémol, mais de taille; un jour sérieux au raccord tige-tuyau. Et ça, ça me gâche tout le plaisir ! Alors pas d'hésitation; lime, papier de verre et patience... résultat: génial !!! (j'ai envie de l'écrire en majuscules, mais je sais que certains n'aiment pas;-) )

Ce qui m'étonne aussi et me ravit, c'est justement ce tuyau. J'ai "gagné" récemment deux Dunhill neuves des années septante (soixante dix), dont l'une possède un tuyau presqu'identique à celui de la Parker: même "consistance", même travail de la lentille, même tenue en bouche. Jusqu'au goût très particulier en bouche, lorsque je tire à vide sur ces trois pipes.

Finalement, l'épreuve du premier fumage, avec du Odyssey. Comme vous l'aurez peut-être deviné: e-x-c-e-l-l-e-n-t !!! D'ailleurs, si ça n'avait pas été le cas, la déception m'aurait ôté toute envie d'écrire cette longue bafouille.

Alors voilà, je ne prétends pas posséder une Dunhill sans point blanc, mais je ne vous cache pas que, secrètement... (témoignage publié sur le forum Pipes et Tabacs).
________________________________________________


EN BREF...

-DERNIERE MINUTE: Vers 1 heure du matin, dans la nuit de samedi 10 à dimanche 11 janvier, France 3, diffusera le documentaire "Brel, Brassens, Ferré: trois hommes sur la photo". Il s'agit de la fameuse rencontre très enfumée entre les trois artistes, en 1969. Cette interview exceptionnelle avait été initiée et menée par François-René Cristiani et photographiée par Jean-Pierre Leloir.

-Comme annoncé dans un précédent numéro, il existe bien un stock d'anciennes pipes Amiel à Amsterdam, chez Pijpenkabinet. Mais précision importante: elles ne sont pas estampillées Amiel. Aucune inscription sur la bruyère.

-Monsieur Hulot, alias Jacques Tati, célèbre pour sa fantaisie et sa pipe dans "Les vacances de Monsieur Hulot", aura bientôt un espace qui lui sera dédié, à Sainte-Sévère dans l'Indre. C'est le village où il avait tourné "Jour de fête" en 1947. Ouverture prévue au printemps prochain.



-Les "fèves pipières" de Patrick Cornu sont arrivées: vendues au prix de 18 euros le coffret: http://fdpipes.free.fr/


-Il reste encore quelques pipes (BC) du Championnat de France 2008 qui s'est déroulé le 9 novembre à Dijon. Prix unitaire : 30 euros. Renseignements auprès de Bruno Cheneby au 06 07 12 83 86.
-La rédaction de PIPE GAZETTE vous souhaite une BONNE ANNEE 2009 ! Que l'art de fumer la pipe avec modération et raison vous apporte du bonheur !