Exemple

27 septembre 2009

> CONCOURS 2009 DU PIPE CLUB DE L'AIN


Voici les articles de "La Voix de l'Ain" et du "Progrès", relatant le concours de fumeurs du Pipe Club de l'Ain du 12 septembre dernier, suivis des impressions du secrétaire du club.




À propos du concours annuel 2009 par Patrick
SUBREVILLE, Secrétaire
du Pipe-Club de l'Ain
Le samedi 12 septembre 2009, le Parc Botanique de La Teyssonnière à Buellas accueille sous le soleil et dans la bonne humeur tous les amoureux de « la Bouffarde » terme populaire datant de 1821 pour désigner Dame Pipe ! En effet, le concours organisé par le Pipe Club de l’Ain a lieu dans ce cadre prestigieux. Jean-François AUPLAT, maître des lieux, Dame Christine, le Président Pierre BERNADAC et son épouse Annie, le bureau et les membres du Pipe Club se
font un plaisir de recevoir à l’Orangerie les Confrères et Consœurs arrivés d’Annecy, Grenoble, Pontarlier, Roanne et Saint Claude ainsi que de notre département.
Après l’apéritif offert par le Châtelain à l’Orangerie, un déjeuner convivial et bien composé réunit la majorité des participants et amis à l’Auberge Bressane de Buellas. Puis, à partir de 14 heures 30, les choses sérieuses commencent à l’Orangerie retrouvée là, où membres et sympathisants ont dès le matin préparé, installé et géré mille choses pour le bien-être de tous.
Dix neuf concurrents des deux sexes ont pris place ont pris place après leur inscription au cours de laquelle André DORST leur offrit deux plaquettes : l’une « L’Ain, mon luxe au
naturel » et l’autre, travail collectif proposant un bref portrait d’Edouard Herriot, grand fumeur devant l’Eternel et une étude plus élaborée sur Brême, ville allemande du tabac.
A quinze heures, le coup d’envoi est donné et place au « Kentucky Bird » mélange de Burley du Tennessee et de Virginie blond renforcé de pétales de roses. Ronsard aurait sans doute apprécié ! Lentement, inexorablement, les pipes s’éteignent, les cartons se lèvent et les résultats tombent. Le dernier fumeur en lice, Daniel PAGE, de Grenoble s’offre un score de 61 minutes et cinq secondes ! Saluons la participation et les résultats élogieux de nos trois concurrentes :
· Yvette JACQUET (Annecy) : cinquante trois minutes et quarante neuf secondes.
· Elisabeth MAYAR (Bourg) : quarante neuf minutes et vingt neuf secondes.
· Mauricette LAMBERT (Annecy) : quarante sept minutes et cinq secondes.
Toutes nos félicitations vont en particulier à Elisabeth, notre informaticienne maison, pour son remarquable score de baptême du feu.
Nos remerciements vont à Chantal LAJUS de « La Voix de
l’Ain » et à Jean-Pierre GONOD du « Progrès » pour leur visite ; ils sauront être avec talent les rapporteurs de cette manifestation.
De superbes lots furent proposés et offerts : des pipes et des blagues bien sûr, des tableaux, mais surtout des produits du terroir, volailles, charcuteries, grand choix de fromages, grands crus ! Merci aux généreux donateurs !
Comme en 2008, nous avons accueilli avec plaisir Monsieur et Madame Pascal PIAZZOLLA, et monsieur Michel WAILLE. Ils nous présentèrent de nobles bruyères et de belles écumes de mer. Merci pour leurs conseils et leur gentillesse.
Merci enfin à tous ceux qui ont fait le déplacement. Le beau temps nous console un peu de notre déception car nous espérions davantage de participants…
Soyons philosophes et pragmatiques : ce sera pour l’an prochain (en mai), NOM D’UNE PIPE !
Le Secrétaire,
Patrick SUBREVILLE
Lire également: l'annonce du concours >

22 septembre 2009

> LE PETIT NICOLAS... FUME !

22 septembre 2009

"Le petit Nicolas" sortira au cinéma le 30 septembre prochain, avec Valérie Lemercier, Kad Merad, Sandrine Kiberlain...

C'est l'occasion de nous replonger dans cette oeuvre culte des années 1960, écrite par René Goscinny et illustrée par Jean-Jacques Sempé.

Nous vous proposons de (re)lire le chapitre du "Petit Nicolas" intitulé "Je fume" (publié initialement aux Editions Denoël en 1960). Une bouffée de drôlerie et de tendresse, à déguster jusqu'au bout !

J’étais dans le jardin et je ne faisais rien, quand est venu Alceste et il m’a demandé ce que je faisais et je lui ai répondu : « Rien. »
Alors, Alceste m’a dit : « Viens avec moi, j’ai quelque chose à te montrer, on va rigoler. » Moi, j’ai tout de suite suivi Alceste, on s’amuse bien tous les deux. Alceste, je ne sais pas si je vous l’ai dit, c’est un copain qui est très gros et qui mange tout le temps. Mais là, il ne mangeait pas, il avait la main dans la poche et, pendant que nous marchions dans la rue, il regardait derrière lui comme pour voir si on ne nous suivait pas. « Qu’est-ce que tu veux me montrer, Alceste? » j ‘ai demandé. « Pas encore », il m’a dit.
Enfin, quand on a tourné le coin de la rue, Alceste a sorti de sa poche un gros cigare. «Regarde, il m’a dit, et c’est un vrai, pas en chocolat! »Ça, qu’il n’était pas en chocolat, il n’avait pas besoin de me le dire, si le cigare avait été en chocolat, Alceste ne me l’aurait pas montré, il l’aurait mangé.
Moi, j’étais un peu déçu, Alceste m’avait dit qu’on allait rigoler. « Et qu’est-ce qu’on va faire avec ce cigare? » j’ai demandé. « Cette question! m’a répondu Alceste, on va le fumer, pardi! » Je n’étais pas tellement sûr que ce soit une bonne idée de fumer le cigare, et puis, j’avais bien l’impression que ça ne plairait pas à maman et à papa, mais Alceste m’a demandé si mon papa et ma maman m’avaient défendu de fumer le cigare. J’ai réfléchi, et là, je dois dire que papa et maman m’ont défendu de faire des dessins sur les murs de ma chambre, de parler à table quand il y a des invités sans que je sois interrogé, de remplir la baignoire pour jouer avec mon bateau, de manger des gâteaux avant le dîner, de claquer les portes, de me mettre les doigts dans le nez et de dire des gros mots, mais, de fumer le cigare, ça, papa et maman ne me l’ont jamais défendu.
«Tu vois, m’a dit Alceste. De toute façon, pour qu’on n’ait pas d’histoires, nous allons nous cacher quelque part où nous pourrons fumer tranquillement. » Moi, j’ai proposé qu’on aille dans le terrain vague qui n’est pas loin de la maison. Papa, il n’y va jamais. Alceste a dit que c’était une bonne idée et nous allions déjà passer la palissade pour entrer dans le terrain tague, quand Alceste s’est frappé le front. «Tu as du feu? » il m’a demandé, je lui ai répondu que non. «Ben alors, a dit Alceste, comment on va faire pour le fumer, ce cigare? » J’ai proposé qu’on demande du feu à un monsieur dans la rue, je l’ai déjà vu faire à mon papa et c’est très amusant, parce que l’autre monsieur essaie toujours d’allumer son briquet et avec le vent il ne peut pas, alors il donne sa cigarette à papa et papa appuie sa cigarette contre celle du monsieur et la cigarette du monsieur est toute chiffonnée et le monsieur n’est pas tellement content. Mais Alceste m’a dit que j’étais tombé sur la tête et que jamais un monsieur ne voudrait nous donner du feu parce qu’on était trop petits. Dommage, ça m’aurait amusé de chiffonner la cigarette d’un monsieur avec notre gros cigare. « Et si on allait acheter des allumettes chez un marchand de tabac? » j ‘ai dit. « T’as des Sous? » m’a demandé Alceste. Moi j’ai dit qu’on pourrait se cotiser comme à la fin de l’année, à l’école, pour acheter un cadeau à la maîtresse. Alceste s’est fâché, il a dit que lui il mettait le cigare, qu’il était juste que je paie les allumettes. «Tu l’as payé, le cigare? »j’ai demandé. « Non, m’a dit Alceste, je l’ai trouvé dans le tiroir du bureau de mon papa, et, comme mon papa ne fume pas le cigare, ça ne va pas le priver et il ne verra jamais que le cigare n’est plus là. — Si t’as pas payé le cigare, il n’y a pas de raison que je pale les allumettes », j’ai dit. Finalement, j’ai accepte d’acheter les allumettes, à condition qu’Alceste vienne avec moi dans le bureau de tabac, j ‘avais un peu peur d’y aller seul.
Nous sommes entrés dans le bureau de tabac et la dame nous a demandé : « Qu’est-ce que vous vouiez, mes lapins? — Des allumettes » j’ai dit. «C’est pour nos papas », a dit Alceste, mais ça, ce n’était pas malin, parce que la dame s’est méfiée et elle a dit que nous ne devions pas jouer avec des allumettes, qu’elle ne voulait pas nous en vendre et que nous étions des petits garnements. Moi, j’aimais mieux avant, quand Alceste et moi on était des lapins.
Nous sommes sortis du bureau de tabac et nous étions bien embêtés. C’est difficile de fumer le cigare, quand on est petit! «Moi j ‘ai un cousin qui est boy-scout, m’a dit Alceste. Il paraît qu’on lui a appris à faire du feu en frottant des bouts de bois. Si on était boy-scouts, on saurait comment faire pour fumer le cigare. » Je ne savais pas qu’on apprenait ces choses-là, chez les boy-scouts, mais il ne faut pas croire tout ce que raconte Alceste. Moi, je n’ai jamais vu de boy-scout fumer le cigare.
«J’en ai assez de ton cigare, j’ai dit à Alceste, je rentre chez moi. — Oui, a dit Alceste, d’ailleurs je commence à avoir faim et je ne veux pas être en retard pour le goûter, il y a du baba. » Et, tout d’un coup, on a vu par terre, sur le trottoir, une boîte d’allumettes! Vite, on l’a ramassée et on a vu qu’il restait une allumette dedans. Alceste était tellement nerveux qu’il en a oublié son baba. Et pour qu’Alceste oublie un baba, il faut qu’il soit drôlement nerveux! « Allons vite dans le terrain vague! » a crié Alceste.
Nous avons couru et nous avons passé la palissade, là où il manque une planche. Il est chouette le terrain vague, nous y allons souvent, pour jouer. Il y a de tout, là-bas : de l’herbe, de la boue, des pavés, des vieilles caisses, des boîtes de conserve, des chats et surtout, surtout, une auto! C’est une vieille auto, bien sûr, elle n’a plus de roues, ni de moteur, ni de portes, mais nous, on s’amuse bien là-dedans, on fait vrom, vrom et on joue aussi à l’autobus, ding, ding, fin de section, complet. C’est terrible!
«Nous allons fumer dans l’auto », a dit Alceste. Nous y sommes entrés et, quand nous nous sommes assis, les ressorts dans les fauteuils ont fait un drôle de bruit, comme le fauteuil de pépé, chez mémé, que mémé ne veut pas faire arranger parce qu’il lui rappelle pépé.
Alceste a mordu le bout du cigare et il l’a crache. Il m’a dit qu’il avait vu faire ça dans un film de bandits. Et puis, on a fait bien attention de ne pas gâcher l’allumette et tout s’est bien passé. Alceste, comme le cigare était à lui, c’était lui qui commençait, aspirait en faisant des tas de bruit et il y avait beaucoup de fumée. Le premier coup, ça l’a surpris, Alceste, ça l’a fait tousser et il m’a passé le cigare. J’ai aspiré, moi aussi, et, je dois dire que je n’ai pas trouvé ça tellement bon et ça m’a fait tousser, aussi. « Tu ne sais pas, m’a dit Alceste, regarde! La fumée par le nez! » Et Alceste a pris le cigare et il a essayé de faire passer la fumée par son nez, et ça, ça l’a rudement fait tousser. Moi, j’ai essayé à mon tour et j’ai mieux réussi, mais la fumée m’a fait piquer les yeux. On rigolait bien.
On était là à se passer le cigare, quand Alceste m’a dit : « Ça me fait tout chose, je n’ai plus faim. » Il était vert, Alceste, et puis, tout d’un coup, il a été drôlement malade. Le cigare, on l’a jeté, moi, j’avais la tête qui me tournait et j’avais un peu envie de pleurer. « Je rentre chez ma maman », a dit Alceste et il est parti en se tenant le ventre. Je crois qu’il ne mangera pas de baba ce soir.
Je suis rentré à la maison, aussi. Ça n’allait pas très fort. Papa était assis dans le salon en fumant sa pipe, maman tricotait et moi j’ai été malade. Maman était très inquiète, elle m’a demandé ce que j’avais, je lui ai dit que c’était la fumée, mais je n’ai pas pu continuer à lui expliquer le coup du cigare, parce que j’ai encore été malade. « Tu vois, a dit maman à papa, je t’ai toujours dit que cette pipe empestait! » Et, à la maison, depuis que j'ai fumé le cigare, papa n’a plus le droit de fumer la pipe.

17 septembre 2009

> DÉCÈS DE BILL ASHTON-TAYLOR


Né en 1945, le pipier anglais Bill Ashton-Taylor nous a quittés ce 16 septembre 2009.
Bill (William) Ashton-Taylor avait d'abord travaillé chez Dunhill . On a d'ailleurs écrit çà et là qu'il y aurait inventé les fameux tuyaux en cumberland, ce que lui-même n'a jamais revendiqué.
En 1983, Bill avait lancé sa propre fabrication, sa propre marque: Ashton. Bill allait lui-même choisir la bruyère en Italie, préférant celle de Calabre pour les pipes lisses et celle de Toscane pour les sablées.

Dans des formes classiques anglaises, les pipes Ashton subissent un traitement à l'huile (oil curing), qui élimine la résine et autres impuretés, ce qui leur donne une appréciable douceur dès les premiers fumages.
Autre spécificité des Ashton: chacune de ses pipes est équipée d'un tuyau fait à la main, avec une matière exclusive: l'Ashtonite, inventée par Bill, un mélange unique de vulcanite et de plexiglas, et également de vulcanite et de Brindle. Brindle est la matière qui équivaut au cumberland. On trouve par conséquent des tuyaux de couleur unie noire et des tuyaux aux teintes mélangées.
Les avantages de l'Ashtonite: un meilleur vieillissement que pour l'ébonite et une tenue entre les dents plus agréable qu'avec l'acrylique. Une sorte de compromis idéal.
On appréciait particulièrement ses sablages profonds qui, souvent, rappelaient ceux des vieilles Dunhill.
Son nom avait également été attribué à une gamme de tabacs à pipe.
Souhaitons que la marque subsiste et que son savoir-faire se perpétue, grâce aux quelques employés qui l'entouraient et en particulier grâce à James Craig, son collègue et ami, avec lequel il a travaillé ces deux dernières années. Bill a transmis à James ses procédés de fabrication et quelques recettes, dont celle du traitement à l'huile.

Crédit photos: Triloc et Smoking Pipes

14 septembre 2009

> LUCIEN GEORGES, PIPIER CORSE



Au pays de la bruyère, Lucien Jassois Georges ( L.J.Georges) est pipier à Bastia, en Haute-Corse. C'est en allant au magasin l'Oriental à Paris que j'avais vu son nom, car la maîtresse des lieux, Rakel, vendait quelques unes de ses pipes. J'avais été intéressé par son travail, sans pour autant aller plus loin dans mes recherches sur les origines de cet artisan.
Puis, il y a quelque temps, pour répondre à une question posée sur le forum "Pipes et Tabacs" à propos des pipiers corses, je suis tombé sur le site internet de Lucien Georges, un site bien fait mais uniquement en anglais.
Ayant immédiatement pris contact avec Lucien, il a volontiers répondu à mes questions. Au passage, il nous révèle une information très intéressante: il n'y aurait plus de coupeur de bruyère en Corse !



-Depuis combien de temps exercez-vous cette activité ?

Je suis pipier depuis 1975 avec des antécédents de fabricant d’ébauchons de 1964 à 1975 à raison de 5 à 600 000 ébauchons par an !!!

Cette activité ayant une origine familiale centenaire.
                       
-Et à présent, allez-vous vous-même chercher votre bruyère sur pied ? 

Je ne vais pas couper moi-même ma bruyère, mais je connais les meilleurs points d’extraction pour avoir prospecté les forêts de bruyère de la Corse entière dans les moindres recoins. Ceci dit, je suis capable d’extraire des souches, de scier des ébauchons comme il se doit, et à l’occasion de fabriquer de belles pipes.


-Y a-t-il encore des extracteurs et ébaucheurs en Corse, comme Antonio Salvaï ?

En ce qui concerne Antonio Salvaï, il a stoppé son activité depuis 2 ans environ pour prendre une retraite bien méritée.

Il était très probablement le dernier coupeur d’ébauchons par excellence, et surtout, le dernier fabricant d’ébauchons corses.Ceci devrait obliger bon nombre de fabricants à stopper une publicité mensongère prétendant que leur fabrication est basée, tout ou partie, sur un approvisionnement en bruyère corse.En effet, de 1975 jusqu’à la cessation d’activité de Salvaï, il faut se poser la question de savoir comment pendant cette période un seul scieur pouvait approvisionner plus de la moitié des fabricants de pipes de la planète. 
                                                                                         
 -Et Charles Cassetari ?

En ce qui concerne Charles Cassetari, il n'a jamais été coupeur d'ébauchons (à moins qu'il le soit devenu). Son père était coupeur jusque dans les années 70, puis a fermé définitivement sa fabrique à ce moment là.

-Fabriquez-vous encore ?

Oui, je fabrique encore des pipes dans toutes les qualités, mais surtout des "straight grain".

-Quel est le style des pipes L.J.Georges ?

Le style L.J.GEORGES consiste à transformer les plus beaux ébauchons en très belles pipes. Ceci devrait être le credo de tous les fabricants. 
                                                                           
-Quelle est votre clientèle, votre site internet étant en anglais ?

J’ai vendu et vends toujours des pipes dans plusieurs magasins réputés, surtout à l’étranger.
                                                       
-Alors, pour nous, où trouver vos pipes ?

On trouve un choix complet de pipes LJG en s’adressant directement à moi afin d’éviter certains excès. 
                         
-Etes-vous fumeur ?

Je fume la pipe rarement et préfère les tabacs aromatisés.

VUES

12 septembre 2009

> "VISITE DE SIR GEORGES ET DAME LUTHIEN EN ARDENNES"

par Peterschaum


Sir Georges est bien connu de la plupart d'entre nous. Il met à notre disposition de superbes pipes, pour toutes les bourses. Georges a une gentillesse et une disponibilité pour nous répondre dont devraient s'inspirer bon nombre de vendeurs de pipes. 
C'est d'ailleurs à l'occasion d'échanges très plaisants de courriels, lors de quelques ventes, que nous avons lié amitié. Cependant, dès la première fois, le ton était donné et nous nous sommes très vite appréciés mutuellement.
Il y a quelques temps, je lui avais proposé de venir nous rendre visite, lorsqu'il aurait l'occasion de descendre dans les Ardennes. Ainsi, jeudi passé, alors que nous discutions d'une pipe qu'il m'avait présentée, car il connaît bien les goûts de ses amis, il m'a dit qu'il se rendait ce lundi à Weiswampach, au Luxembourg, et m'a proposé d'en profiter pour nous rencontrer autour de quelques bonnes pipes. 
C'est ainsi que, dans l'après-midi, Georges et Lucienne – que j'ai surnommée "dame Lúthien", en référence à J.R.R. Tolkien et pour bien s'accorder avec le surnom de Georges – se garaient dans mon allée, suivis littéralement par la voiture de mon épouse qui revenait d'être allée rechercher notre petit dernier à l'école. Celui-ci, alors qu'il n'a que quatre ans, nous a attendri par sa façon de recevoir nos hôtes, leur faisant faire le tour du salon en leur proposant les meilleurs fauteuils pour s'asseoir ou, s'ils le voulaient, s'installer autour de la table où nous allions prendre le café et déguster une tarte aux pommes que mon épouse avait choisie ce matin à La Roche-en-Ardenne. Un vrai petit gentlemen de quatre ans, dont le grand sérieux nous a tous amusés.
Une fois installés autour de la table, je découvre que Georges, en plus d'être un passionné de pipes et en particulier des "vieilles British", s'y connaît assez bien en informatique pour s'intéresser de près à GNU/Linux, même s'il n'a pas encore franchi le pas. Voilà pour l'anecdote, car le sujet qui nous intéresse est bien sûr la pipe et les tabacs.
Georges, comme tous les fumeurs de pipes, emporte un certain nombre de ses belles avec lui et, lorsque nous évoquons le rituel des préparatifs d'avant un départ, avec nos longues hésitations devant les râteliers et les boîtes de tabac, nos épouses se regardent d'un air entendu. Ce ne sera d'ailleurs pas la dernière fois, au cours de notre conversation. Être femme de fumeur de pipe, c'est tout un art de vivre aux côtés de leur pétuneur de mari. Et si nous avons nos sujets de conversation, elles ont les leurs aussi à notre propre sujet.
Nous en venons à discuter tabacs et je lui parle du Samuel Gawith qui vient d'entrer en Belgique, le "Golden Glow". Il le hume et, comme il semble apprécier, je lui propose d'en prendre un peu. Plutôt que d'en emporter un échantillon, il décide d'en bourrer une pipe qu'il laisse reposer, en attendant la fin de notre collation.
C'est donc après un bon cappuccino à la crème et une part de tarte que Georges sort quelques sacs à pipes tirés d'un plus grand sac. Il me montre ses belles vieilles bruyères anglaises, dont quelques Dunhill, mais également une étrangère et néanmoins superbe S. Bang ; la seule qu'il ait gardée sur quatre, me précise-t-il. Je comprends donc qu'elle n'est pas à vendre et c'est peut-être mieux, car mon épouse, qui commence à s'y connaître sans jamais avoir fumé la pipe, surveille avec encore plus d'attention notre conversation sur cette danoise, une fois que le nom qu'elle connaît déjà très bien a été lâché. Il faut dire que je viens d'acquérir quelques bonnes pipes, ces derniers mois, et qu'il est temps de me calmer... afin d'en garder un peu pour les autres mois de l'année.
Georges a aussi amené la fameuse Fred Brandt dont nous avions discuté à plusieurs reprises. Il me précise, mais inutilement, qu'elle ne l'a pas accompagné dans le but de me forcer la main. Georges n'est pas un marchand, tous ceux qui ont déjà eu affaire à lui le savent et je suis d'ailleurs un peu  amusé qu'il insiste tant pour être certain que je ne pense pas qu'il ait apporté cette pipe dans un but lucratif. Je le rassure en lui disant que ce n'est pas nécessaire et que j'espérais même qu'il le fasse.
Sir Georges prend de très bon clichés de ses pipes, cela permet à l'acquéreur de n'avoir aucune surprise, au moment de l'examen de réception. Je suis d'ailleurs étonné à chaque fois de la qualité des photos, comparées à la pipe reçue : il n'y a pas de différence. Si elles ne permettent pas de sentir la pipe en main, et comme le disait si justement René Magritte, "Ceci n'est pas une pipe", dans le tableau "La trahison des images", on ne peut pas dire "Elle est encore mieux en vrai qu'en photos", tel qu'on l'entend souvent. Ou pire, au sujet de photos brouillées qui masquent parfois des défauts et dont on est soulagé qu'il n'en soit rien. Donc, les photos de Georges reproduisent bien ce que l'on a sous les yeux par la suite.
Le fait d'avoir une pipe devant soi est quand même un plus pour apprécier son volume réel, dont on peut relativement se faire une idée en ajustant la taille des photos aux dimensions méticuleusement indiquées – au centième de millimètre près – sur ses descriptions. D'ailleurs, cela reste bien relatif, car la Fred Brandt m'apparaît malgré tout plus petite que je ne me l'étais imaginée ; mais c'est sans doute aussi à cause de la Millville que Georges m'avait présentée il y a quelques jours, en disant qu'alors qu'il triait ses pipes en vue de la mise à jour à venir, elle lui avait fait penser à moi. Reste à savoir comment prendre le fait qu'il s'agisse d'une grande et large pipe courbée ?... Je me tiens pourtant toujours très droit ! 
Blague à part, il s'agit d'une pipe énorme au foyer plus que généreux, comme il sait que je les aime, et elle est bien telle que sa nomenclature l'indique : "Unique". Cela m'avait amusé car, suites de coïncidences, à peine venais-je de conclure l'achat d'une collection complète de la série des Maigret, dans le cadre de la reconstruction de mes diverses collections, que je recevais le courriel de Georges et, dès que j'ai vu les photos, j'ai tout de suite pensé à la pipe préférée du personne issu de l'imagination d'un autre Georges, Simenon celui là, dont il écrivait qu'elle était aussi grosse que la tête du célèbre inspecteur et que l'on aurait pu y bourrer, consciencieusement et à petits coups d'un index appliqué, le quart d'un paquet de "gris". L'image était bien sûr un peu forte, mais Georges, toujours Simenon, voulait faire passer l'idée d'une pipe très imposante, à l'image de Maigret, dont le meilleur interprète me semble être Bruno Cremer, jusqu'à présent.
Au départ, je pensais prendre la Millville avant la Fred Brandt mais, finalement, cette dernière étant déjà sur le site depuis au moins le début du mois d'avril, et après les dépenses des vacances et de la rentrée, elle risquait de ne plus rester longtemps disponible. Georges m'avait d'ailleurs dit qu'il hésitait encore à la mettre en vente, ce qui me laissait un peu de temps pour la Millville. Je vous en parle, vous en donne sans doute envie d'en savoir plus, mais vous aurez compris qu'il faudra attendre encore un peu avant d'en voir des photos détaillées. 

Sur ce cliché, tout à droite, on peut apercevoir la Fred Brandt et la Millville juste à côté. 

Nous continuons à parler pipes et tabacs et confirmons de plus en plus nos goûts en commun. Tout en devisant, nous avons allumé nos pipes, lui la Comoy's "Grand Slam" Bulldog allongée qu'il avait bourrée auparavant et moi, une Savinelli du C.I.P.C. dans laquelle je fume du "Skiff Mixture". Au bout de quelques bouffées, Georges me demande où j'ai pu me procurer le "Golden Glow", signe qu'il le trouve apparemment à son goût, et il est tout surpris d'apprendre qu'il soit disponible dans les civettes belges.
Il faut dire que c'est quand même assez récent. Je pense que cela a dû se décider à l'occasion de la ête de la pipe autour de Poul Winsløw en personne, chez Jean-Pierre Petyt, où celui-ci et Ben Kopmans, le distributeur des tabacs Samuel Gawith qui s'y trouvait également, ont dû en parler à cette occasion. J'avais également demandé à Jean-Pierre s'il aurait un bon Virginia en "Ready Rubbed" ou "Broken Flake" en magasin. Il m'avait proposé le "HH Mature Virginia", mais je ne le trouve pas assez pur en goût.
Pour en revenir au "Golden Glow", on peut même dire que Georges a adoré ce tabac, vu qu'il m'a demandé, un peu avant de partir, si j'en avais en stock. C'était sans doute dans l'éventualité de me proposer de m'en racheter un boîte, mais je n'en avais qu'une pour l'essayer également. C'est pour dire si on peut penser qu'il l'aime bien, au point de ne pouvoir attendre de s'en procurer à la civette près de chez lui, à son retour ! Lui qui me disait que le Dunhill "Mild Blend" (nommé plus tard "Mellow Blend", un Virginia à ne pas confondre avec le "Standard Mixture Mellow") lui manquait tellement, il y a quelques temps. Cela fait plaisir de voir que ce tabac lui plaît autant et d'avoir pu lui rendre la politesse pour tous les services et conseils qu'il fournit, sans compter son temps. 
Par contre, j'avais une boîte de Dunhill "London Mixture", de la bonne époque du "Made in UK, made in Murray's" que je comptais lui offrir, mais il n'acceptait qu'un échantillon. Georges est de la race de ces vraies personnes généreuses, plus enclines à donner qu'à recevoir. Lorsqu'il a sorti une boîte tout aussi scellée de "Nightcap" et de la même facture, afin de l'ouvrir pour y bourrer de quoi se faire quelques pipes, j'ai proposé un échange pur et simple. J'avais donc quand même réussi à faire accepter mon cadeau surprise en entier, finalement, même s'il a fallu passer par un échange, ce que je ne regrette pas, ceci dit. 
Ah, ces vieux tabacs Dunhill ! J'en connais qui ne contrediront pas le fait qu'ils n'ont rien à voir avec les dernières productions. 
Arriva alors le moment de nous quitter, toujours un peu trop tôt... Mais la route de retour est longue et pour être chez eux pour l'heure du souper (dîner, en France) il était temps de partir. Il devait sans doute être aussi un peu en manque de pommes-de-terre, malgré les moules-frites dégustées à midi. 
Ah oui ! Si vous ne le saviez pas, Georges, en bon Belge, ne peut vivre très longtemps sans sa dose de patates, de préférence sous forme de frites (plongées en deux temps dans l'huile, comme il se doit, et non pas rissolées ou au four). 
Voilà, c'est sur cette petite note gastronomique, dont les plaisirs de la pipe font aussi partie, que s'achève ce petit récit. Nous gardons de cette visite un très bon souvenir et nos épouses aussi. De plus, nous avons chacun une boîte de savoureux Dunhill qui nous rappellera cette journée et une excellente pipe a pu être ajoutée à mes râteliers, en attendant les suivantes qui iront bientôt la rejoindre. 


Voici la Fred Brandt, marquée "Full Straightgrain – Handcut in Denmark".



Très belle de ce côté aussi. Je ne me lasse pas de l'admirer.



Sans oublier ses magnifiques œils-de-perdrix sur le dessus. 

Elle fume merveilleusement avec les Virginia, sa douceur et sa profondeur permettant de développer toute la délicatesse de leurs arômes jusqu'au bout. Le confort en bouche est des plus agréables et le tuyau bien percé permet de passer une chenillette sans aucun obstacle, lorsque l'on désire enlever la condensation, certes infime, qui peut parfois perturber le goût de la fumée dans n'importe quelle pipe. Encore une belle bruyère de Georges qui n'est pas prête à partir de chez moi, comme aucune de celles que je lui ai achetées, d'ailleurs.
A bientôt, sir Georges et dame Lúthien ! La prochaine fois que vous passez au Luxembourg, vous connaissez notre adresse.
Merci d'avoir consacré un peu de votre temps à cette lecture et bonnes pipes,
Peterschaum
Ardennes, mercredi 09/09/09
Pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, vous pouvez consulter son site à cette adresse : 

Notes

Comme toujours, lorsqu'il s'agit de parler d'une personne en particulier, j'ai soumis ce texte à Georges, avant publication.

Il m'a fait remarquer qu'il serait peut-être un peu long à lire, pour d'autres que nous, a-t-il précisé, mais pour une fois que je peux me permettre de laisser mon texte intact, sans les inévitables coupures éditoriales, je vais le laisser tel qu'il l'a approuvé. En espérant ne pas vous avoir ennuyé avec le récit de cette visite anecdotique.



05 septembre 2009

> VIDÉOS: LE TABAC DE LA SEMOIS

Diffusé le 3 septembre dernier (2009) sur la Une, chaîne de la RTBF, ce reportage a été réalisé auprès d'artisans du tabac: Alain Robinet, planteur, Etienne Martin, fabricant et Yvon Barabazon, du comité "La route du tabac".

Merci à Marcel de nous l'avoir signalé. Et bienvenue dans la Vallée de la Semois, en Belgique.

02 septembre 2009

> UN SALON PIPIER A PARIS


Un salon professionnel se tiendra à Paris très prochainement.

Organisé par Denis Blanc, le patron de Butz-Choquin, il permettra aux revendeurs de voir les dernières nouveautés B.C. et Condat International, mais aussi quelques modèles de la marque danoise Stanwell.


La gamme Dunhill sera également largement représentée , puique Kalmon S. Hener, le directeur des ventes Dunhill Europe participera au salon.

Le rendez-vous :

Hôtel Holiday Inn
92 rue de Vaugirard – 75006 PARIS
Salon Montaigne
Tel : 01.49.54.87.00

- samedi 05 septembre 2009 de 10 h à 19 h
- dimanche 06 septembre 2009 de 9h à 19 h
- lundi 07 septembre 2009 de 9 h à 16 h