Exemple

22 novembre 2015

► LA PIPE DUNHILL DE NOËL 2015


Cette pipe de Noël entre dans la continuité de la série ayant pour thème "The Nutcracker and the Mouse King" ("Casse-Noisette et le Roi des Souris"), titre d'un conte d'Hoffmann qui a inspiré Tchaïkovski pour son ballet "Casse-Noisette". Depuis 2011, ces pipes de Noël sont une évocation des personnages et des objets du conte pour enfants. Cette série Dunhill se poursuivra jusqu'en 2022. 

Le modèle de Noël 2015 fait référence à l'Horloge de Grand-père (Grandfather's clock) qui joue un rôle central dans l'histoire. Il s'agit d'une apple du groupe 4 (forme 4101 dans la nomenclature du fabricant au point blanc) en finition County. Elle est montée d'une virole en argent gravée d'une image de l'horloge et des chiffres de l'année.
 
La pipe Dunhill de Noël 2015, le tasse-braise et le coffret

La pipe est accompagnée d'un tasse-braise sculpté en argent représentant également la fameuse horloge, le tout étant présenté dans un coffret en forme de livre. Cette pipe et ce tasse-braise Dunhill Christmas 2015 sont réalisés en seulement 300 exemplaires dans le monde et destinés avant tout aux collectionneurs — le prix de vente dépassant les 1500 euros.



VUES

17 commentaires :

Alain a dit…

Je suis toujours surpris de l'intérêt des collectionneurs pour ce genre d'objet. Qui achète une pipe numérotée, des série limitée, avec une bague en argent, gravée etc...? Sont-ils fumeurs ou investisseurs? Ce genre de pipes se revend il avec bénéfices ? En tout cas, pas pour moi. Pour 1500 euros je peux m'acheter au moins 5 ou 6 belles Morel.

Charly a dit…

Exact, c'est un marché spécial. Mais c'est toujours intéressant à voir. J'ai vu que des pipiers artisans font ça aussi, comme Tinsky aux US. Des pipes de Noël, des bières de Noël, des chocolats de Noël... Cadeaux, cadeaux, cadeaux !!

Jack a dit…

Je ne peux qu'être d'accord avec Alain. Il y a des limites à mon entendement en matière de prix. On est plus dans le raisonnable.
C'est pas mon monde.....
Jack

Lemosse a dit…

Après tout, si certains achète et si ça soutient le marché....

Jacques a dit…

C'est clairement un marché spéculatif. Ces pipes ne sont pas destinées à être fumées, mais conservées en l'état bien protégées dans leur écrin et mises en vente dans 20 ou 30 ans, lorsqu'elles seront introuvables. Nous ne sommes plus dans le domaine du pétunage, mais dans celui du luxe. C'est ainsi !

Mon cheptel actuel comprend 26 Dunhill, (18 estates, 3 qui m'ont été offertes et le reste achetées à Londres, lors des soldes). Ces pipes n'ont pourtant rien d'extraordinaire comparées à d'autres de mes anglaises comme Ashton, Charatan, Ferndown, Milleville, Northern, Upshall ou certaines Parker.

Par ailleurs, j'ai hérité de la Bent shell LC (Large Curved, Oil Cured datant de 1927) de mon grand-père offerte par son père en 1931. Une pipe mythique pour un collectionneur dont on m'a déjà proposé plus de 4.000 US$ sur le forum de Pipesmagazine. N'étant pas certain de la récupérer lors des successions familiales, il y a quelques années, j'ai fait réaliser une Bent AA sablée aux côtes équivalentes par Pierre Morel. Or, je préfère nettement fumer la copie que l'originale. La bruyère corse donne un meilleur goût à mes blends latakiés que la bruyère algérienne. Surtout, le perçage plus large, comme la lentille largement ouverte sont bien plus agréables à l'usage.

Jacques

Nicolas de Pipe Gazette a dit…

Jacques, ton expérience est remarquable. Tu es un érudit sympathique, celui que l'on attendait depuis longtemps.

Jacques a dit…

Tu sais Nicolas, l'expérience, c'est le plus souvent la conséquence du temps qui passe. Donc passé un certain age, c'est un concept relatif !

Pour en revenir à Dunhill, j'ai retrouvé un texte de Fred Hanna qui fait bien le tour de la question : http://www.greatnorthernpipeclub.org/Myth.htm. La réussite de cette entreprise repose avant tout sur quelques astuces techniques et commerciales du rusé Sir Alfred et de beaucoup de marketing.

Jean a dit…

Je ne suis pas adepte de ces objets bling-bling, mais si ça se vend. Peut-être du côté de l'Empire du milieu ?

Jacques a dit…

Pour vous donner une idée des plus values réalisées sur les X-mas pipe Dunhill :

Une Dunhill 795 X-mas 2010 unsmoked (795 http://www.alpascia.com/pipes/d/Dunhill-795-i26126x1.html) vendue en 2010 pour 1.240,00 € s'est vendue en février 2015 à 2373,07 €. Soit une plus-value de 91,37 % en 5 ans !

Une Dunhill X-mas de 1999 unsmoked est en vente sur ebay pour ... 6.800 $, soit 6.384,38 €, soit une plus value latente de 714,83 % sur le prix d'origine !!!
http://www.ebay.co.uk/itm/dunhill-amber-root-seven-swans-a-swimming-le-christmas-pipe-unsmoked/231323395799?hash=item35dbf2e6d7

Une Dunhill X-mas unsmoked de 1990 a été adjugée 1000 $ (http://www.ebay.co.uk/itm/dunhill-christmas-pipe-1990-ltd-edition-n-260-0f-350/271738091746?hash=item3f44da38e2)

Si vous voulez vous amuser : http://www.ebay.com/cln/dunronman/dunhill-xmas-pipes/66179966018

Anonyme a dit…

Jacques j'ai une question à te poser: comment dépolir une pipe pour la reteinter en plus foncé ? je n'ai pas d'outils particuliers. Merci de ta réponse.

Jean

Jacques a dit…

Bonsoir Jean,

Ce type de restauration est assez facile, même sans matériel spécifique. Il y a plusieurs méthodes, mais voici ce que je fais lorsque je récupère des estates sur ebay. Après avoir supprimé toute trace de cire avec de l'essence de térébenthine ou un autre solvant, il faut poncer la tête de pipe avec du papier de verre de plus en plus fin (grain 600, 800, 1200 que l'on trouve au rayon carrosserie des centres auto), de façon à mettre le bois à nu, débarassé de toutes ses griffures et imperfections.

Ensuite, il convient de trouver une teinture à base d'alcool ou d'acétone (dans une quincaillerie d'art) car la teinture à l'eau comme le brou de noix ne résistera pas à l'humidité de ta main. Pour raviver la teinte noire des Dunhill Shell briar, cumberland ou autres sablées que je souhaite noicir, je mélange quelques gouttes d'encre de Chine et un peu d'alcool éthylique. Il est préférable de faire des essais préalables sur un morceau de carton ou une chute de bois.

Lorsque tu auras trouvé la teinte qui te conviendra, applique au pinceau la teinture. Passe à la flamme ou laisse sécher ta tête de pipe. Ensuite, passe la tête à la paille de fer 000 pour éclaircir la teinture, puis une deuxième couche de teinture. Un fois sec, un nouveau passage de paille de fer et application de cire au pinceau (au choix : carnauba, renaissance, antiquaire au choix). Ensuite, il faut lustrer avec un chiffon de laine ou de la mèche coton. Frotter, encore et encore ou utiliser un touret à meuler muni d'un disque de feutre épais. Recommencer l'opération deux ou trois fois pour obtenir un brillant parfait. Ensuite, après restauration du tuyau en ébonite ou en cumberland avec un nettoyant du commerce contenant de la javel pour faire sortir le soufre du caoutchouc et ponçage au papier de verre fin et à la paille de fer. Appliquer le même traitement à la cire sur la tige et le tuyau et les mêmes règles de lustrage.

Pour te donner des idées, tu peux regarder le site rebornpipes.com. Rédigé dans un anglais très accessible avec des photos.

Bon courage.

Jacques.

Anonyme a dit…

Merci Jacques pour tout ces conseils. Je vais peut-être me lancer , même si j'hésite toujours parce que je ne suis pas un bricoleur hors-pair.

Jean

Jacques a dit…

Tout ceci est vraiment accessible avec un peu de patience et d'huile de coude. Refaire un tuyau à partir d'un tuyau pré-moulé ou rustiquer une pipe lisse couverte de mastic nécessite un peu plus de technicité, mais c'est largement accessible sans avoir à recours à un pipier.

Pour te faire la main, tu peux commencer avec une Savinelli Grezza. Ce sont des pipes Savinelli tout à fait normales, montées ébonite dont la finition extérieure est à terminer. La bruyère est d'excellente qualité, très douce. Le perçage et le montage sont soigneusement réalisés. Il y a très peu de sandpits et de fails et au pire, un rusticage fin se réalise très facilement avec un pic à glace. Au final, tu as une pipe neuve de très bonne qualité pour ... 29 euros : http://www.bollitopipe.it/savinelli-grezze-c-10_53_436.

Jacques

Jean a dit…

Encore merci Jacques.

Claudius a dit…

Pas que je puisse me payer une telle pipe... Mais ce qui me laisse stupéfait chez Dunhill, c'est qu'on gonfle les prix pour une pipe édition spéciale qui vient dans un "livre" avec un "tapon", une belle p'tite histoire et un certificat d'authenticité. Quant à l'heureuse élue, sa bruyère est tellement ordinaire que çà choque presque de voir un bois aussi moche sur une pipe supposée être spéciale.
Au moins, si c'était un magnifique Ring Grain tout autour de la pipe, ce serait au moins çà, non?
Claudius

Jacques a dit…

Claudius, la politique commerciale de Dunhill n'a jamais changée et ne changera pas. Pour un prix nettement moindre, tu obtiendras la ring grain que tu souhaites chez James Upshall (http://www.upshallusa.com/index.htm), Ferndown, Milleville, Ashton, Charatan entre 200 et 600 $. D'autant qu'en cherchant bien au Royaume-Uni, on peut faire de sacrées affaires sur ces marques.

Ainsi, ce matin chez Segar & Snuff à Londres, j'ai trouvé une Ashton high grade Peeble grain ELX groupe 6 modèle #30, Fancy bulldog, oil cured, hand made, tuyau cumberland (vendue généralement 600 $ chez Pipe2smoke.com) sous marque Covent traditional à 84 £ et négociée finalement pour 60 £ (85 euros) étant un client régulier. Cette pipe est une des plus belle sablée que je n'ai jamais possédée.

Cet après-midi, étant dans le quartier de Mayfair pour le travail, je passe à la boutique-café-bar-spa Dunhill (accueil très sympa et nourriture assez bon marché vu l'endroit, à recommander vivement) pour acheter des nettoye-pipes et demande au responsable du rayon tabac s'il avait, à tout hasard, une Dunhill 6204 cumberland équivalente pour comparer avec une autre pipe. Il n'avait qu'une Shell briar à tuyau ébonite (à 673 £ ou ... 955 €). La Cumberland briar est encore plus chère. Je lui montre ma bouffarde. Réponse du vendeur : "Oh ! My god ! Where did you find it ?". On discute un peu, lui donne l'adresse, achète mes nettoye-pipes et trouve au fond du sac une boite de Nightcap offerte.

Au moins, chez Dunhill ils sont fair-play !

Jacques

Claudius a dit…

Jacques, en effet, son geste est classe. Voilà un service à la clientèle ingalé et quasi-inexistant de nos jours.
Je suis bien conscient, aussi, que Dunhill ne changera pas sa manière de faire les choses, niveau pipes.
Je trouve seulement un peu dommage que les pipes mêmes offertes pour ces éditions spéciales, puisqu'elles sont issues d'une série normalement offerte, n'aient pas un "plus" bien distinctif, comparativement à leurs soeurs des séries régulières, au niveau de la beauté de la bruyère.
Bonne pipe.
Claudius