18 août 2014

► CONSEILS À UN DÉBUTANT, par Pierre Siramy



Dieu, que je suis vieux ! Je me mets à proposer d’écrire pour les débutants ! Aurais-je un savoir particulier ? Serais-je docteur ès pipe ? Non, rien de tout ça; disons seulement que j’ai un peu d’expérience avec 40 ans de fume derrière moi, que j’adore le monde de la pipe au point d’en faire une passion dévorante, d’être collectionneur, pas pour rechercher les plus rares, non, pour avoir un bataillon de bonnes fumeuses, parce que je les ai toutes fumées et que je les fume toutes, à tour de rôle, suivant l’humeur.

Quand je parle de bataillon, c’est à prendre au sens propre du terme, plus de 300 et j’en suis fier. Quant aux tabacs qui les ont honorées, j’en ai goûté beaucoup, après j’ai fait des choix, même si…

Merci de m’accompagner dans mon univers pipesque ; nous allons faire, je l’espère, une belle promenade. Mais commençons par le début.

Qu’est-ce qui pousse à vouloir fumer la pipe ? Après tout, la cigarette, d’un usage plus facile et plus commun, donne tout autant, voire plus de nicotine. Avec la « tige de 8 », on inhale à toute vapeur, on s’intoxique. Avec la pipe, on respire lentement, on a un rythme, un rythme de vie.

La raison serait donc médicale. On choisit le moindre mal. Qui a dit ça ? Que le coupable se dénonce ! Qu’il quitte la classe immédiatement, il n’a pas sa place ici, parce que le moindre mal, c’est ne pas fumer du tout, même pas un cigare le dimanche, mais c’est aussi refuser le plaisir. Nous reparlerons de ce point essentiel, la pipe est un plaisir, un art de vivre.

Au fait, qu’est-ce qui m’a poussé à fumer la pipe ? Je devrais plutôt dire qui m’a ouvert la voie ? Un seul nom me vient en tête, Georges Simenon. Dans ma famille, on ne fumait pas et quand on m’a vu avec une bouffarde tout le monde s’est demandé de quelle planète je venais. Seule ma mère m’a soutenu dans cette entreprise, parce qu’elle aimait le parfum qui se dégageait d’une pipe. Je reviens à Simenon. On pense immédiatement au personnage de Maigret, aux séries TV avec Jean Richard, puis avec Bruno Crémer, à leur pipe qui faisait le personnage. Eh bien, non, l’influence venait d’ailleurs, j’étais intéressé par Simenon écrivain. Je trouvais que l’écriture allait de pair avec la pipe, peut-être parce que dans les deux cas il s’agit d’un travail de réflexion. Il faut penser avant d’écrire, il faut réfléchir avant de tirer sur un « bout de bois », parce qu’on choisit la taille, la forme, la matière et le tabac qu’on va mettre dedans. Rien à voir avec le paquet de Benson qu’on regarde à peine et dont on extrait un clope pour le fumer vite fait, sans s’en rendre compte, rien que pour avoir sa dose. Cette démarche intellectuelle faite, on peut commencer à entrer dans les choses sérieuses.

La décision est prise. On sera fumeur de pipe. C’est comme une révélation. En plus, il n’y a pas d’âge pour commencer, c’est comme le golf, en moins compliqué peut-être. Malheureusement, on ne connaît personne qui fume la pipe. Les temps changent. À l’ère des ayatollahs de l’anti-tabac, il est même difficile d’en parler, de l’avouer. Je vous conseille quand même de faire un petit référendum familial. Pas la peine de vous exposer à des « Va fumer dehors » rageurs. Fumer est un plaisir et ce doit être un plaisir partagé, une complicité. Si vous sentez des réticences, prenez l’accent docte et expliquez que médicalement c’est moins mauvais que la cigarette, que c’est prouvé scientifiquement. Parlez aussi de votre humeur qui sera toujours égale, sereine et calme, ce qui est vrai. Ne me demandez pas pourquoi, j’aurais du mal à vous répondre. En y réfléchissant, peut-être parce qu’on tète, parce qu’on a les mains occupées, parce que…, parce que… C’est le mystère de la pipe, en fait.

On a l’accord de la communauté. Très bien. Maintenant que fait-on ? On se précipite sur internet et on tape « pipe, achat » ? Surtout pas, malheureux ! Pas tout de suite, mais lisez la suite. Alors, on va où ? Au bureau de tabac du coin dont le patron grille cigarette sur cigarette ? Non plus. On n'est pas pressé, donc on se renseigne. Ça prend du temps, mais on est fumeur de pipe ou on ne l’est pas, il faut choisir. La bouffarde n’est pas un produit de consommation courante. Quelque part, fumer la pipe se mérite. Donc, on cherche sur internet des noms de maîtres-pipiers. On note des numéros de téléphone. J’insiste sur un point, on n’est pas là pour acheter, même si… je sais, c’est tentant… Il faut se le refuser. On va faire un tour sur les forums de fumeurs de pipe juste en visiteur et on regarde la rubrique « présentation », histoire de se dire qu’on n’est pas le seul à se lancer dans l’aventure. On attend avant de consulter celle réservée aux débutants, puisqu’on n’a pas encore débuté. On peut éventuellement, pour les plus hardis, demander s’il y a une civette spécialisée dans la ville la plus proche. Les fumeurs de pipe sont gentils par essence, ils vous répondront donc.

Mais, je vais vous aider en vous donnant le nom de quelques forums et surtout le nom de maîtres-pipiers.  Pour les forums, « Autour de la pipe », « Fumeurs de pipe » et « À la noble bouffarde ». Je suis sur les trois avec mon nom de plume, Siramy. J’assurerai bien volontiers le service… après-vente. Quelques noms de pipiers, Pierre Voisin (À la Pipe du Nord – à Paris), Jean Nicolas à Lyon, Pierre Morel à Saint-Claude, David Enrique quelque part en France. Je n’oublie pas Patrick Cornu (Le Cadre noir), un passionné qui vous parlera aussi des tabacs, ou la famille Mermet (La pipe rit – à Saint-Claude). L’ordre donné est celui qui me vient en tête, pas d’histoire de classement. Pierre Voisin et Jean Nicolas soignent mes bouffardes, Pierre Morel et David Enrique m’en font quelques-unes, Patrick Cornu comme la famille Mermet m’en vendent.

J’entends quelques camarades des forums glousser doucement parce que j’ai la réputation de n’aimer que les Dunhill, une grande marque de pipes, certes, mais on n’en est pas encore là parce qu’elles sont chères, très chères.

Au fait, pourquoi pas une pipe d’occasion ? Une estate, comme on dit ? Personnellement, je vous le déconseille. Pourquoi pas l’acheter sur eBay tant qu’on y est ! Non, il faut savoir se confronter à la bruyère, à son bois brut, parce que, bien évidemment, et j’allais oublier de le dire, il faut commencer par cette racine travaillée. La pipe en écume ou en terre, on oublie, c’est pour plus tard.

Maintenant que nous avons le nom de quelques forums (qui nous aurons gentiment donné l’adresse d’une bonne civette à côté de chez nous) et que je viens de vous citer quelques pipiers, voire des maîtres-pipiers, que faire ? Aller les voir ou leur téléphoner, tout simplement.

-Bonjour, monsieur... Je voudrais fumer la pipe. Que me conseillez-vous ?


C’est tout simple et à dire vrai, je pourrais m’arrêter là. Vous savez tout. Le premier pas est fait. Vous entrez dans le monde des fumeurs de pipe. Bienvenue.

Pourtant, je vais continuer, parce que l’avantage d’un texte, c’est qu’on peut y revenir, ne pas avoir le sentiment d’oublier un détail. On peut lire et relire. Bien sûr, ce que j’écris n’engage que moi, je ne suis pas docteur ès pipe, comme je vous l’ai dit. Et puis, si je m’arrêtais là, je vous laisserais au milieu du gué. En effet, avec une pipe, on ne fait rien. Oui, évidemment, il faut du tabac, suis-je bête. Non, ce n’est pas ce que j’ai voulu vous dire. Un briquet alors ? Non plus, je préconise les allumettes, non, je veux parler d’un outillage de base primordial dès les premières volutes.

D’abord un tasse-braises qui, comme son nom l’indique tasse les cendres qui se forment au cours du fumage, mais qui permet aussi de vider doucement sa pipe sans la cogner contre un talon de chaussure ou contre un cendrier, le meilleur moyen de la casser, et qui est doté d’un petit pic, bien utile quand un brin de tabac bloque le tuyau.

Ensuite, il faut acheter des chenillettes pour nettoyer la pipe, mais j’y reviendrai. Elles sont indispensables pour fumer sec, une condition essentielle. Ça y est, cette fois, on a fait le tour.

Avant d’aller plus loin, parlons budget. Je suis direct, comptez 80 euros pour le tout. Vous aurez une pipe en bruyère tout à fait convenable (j’ai toujours mes premières pipes, pipes souvenirs et pipes de fumage aussi), un tasse-braises, un sachet de 100 chenillettes, des allumettes et une boîte de tabac.

Attention, la pipe, c’est quelque chose d’intime, ce n’est pas un cadeau comme un autre, ce n’est pas une cravate. Demandez plutôt une enveloppe et allez en couple ou en famille chercher la belle. Si, en raison de l’éloignement, vous êtes contraint d’acheter sur le Net, regardez le site ensemble. Restez serein et faites des compromis, n’oubliez pas que vous êtes un fumeur de pipe, certes encore virtuel, mais vous êtes sur le chemin, presque arrivé, vous avez l’esprit.

À l’extérieur, dans une civette, on regarde sur le tapis de présentation ou, à la maison, on scrute l’écran… elles sont toutes belles. Comment faire son choix ? D’abord écarter les pipes vernies. Une surchauffe est vite arrivée, surtout au début parce qu’on a peur que la bouffarde s’éteigne (rien de grave en fait, si vous saviez le nombre de fois où je rallume la mienne !). Le verni fait des petites bulles disgracieuses. Les cloques en séchant éclatent et la beauté disparait irrémédiablement. Donc, ne garder et ne regarder que les naturelles ou les cirées. Un marchand de pipes vous donnera le même conseil (un avis contraire ne serait qu’une action de vendeur, une seule solution s’impose, partir au plus vite), en revanche sur le Net vous serez seul (d’où l’intérêt des coups de fil préalables, histoire de se construire un début d’expérience).

Passons à la taille de la pipe maintenant. Je suis homme de compromis, ni trop grosse (on met la moitié d’une boîte dedans et c’est écœurant à la fin) ni trop petite (on met trois brins de tabac et on n’a même pas le début du goût), en d’autres termes, on la choisira moyenne.

La forme, ensuite, courbe ou droite ? Là encore un compromis, choisissons une pipe cintrée encore appelée demi-courbe. Pourquoi ? Parce qu’on a l’avantage des deux. La fumée passe bien et on peut aisément passer la chenillette quand la pipe se met à glouglouter (fumer sec, je l’ai déjà dit) comme dans une droite. La bouffarde n’est pas trop lourde sur la mâchoire quand l’idée vous prend de la garder en bouche, histoire de faire comme les vieux loups de mer, ça, c’est le gros avantage des courbes.

Enfin, lisse ou sablée, aucune importance, c’est une question de goût. Écoutez les conseils de votre compagne ou de votre compagnon (parce qu’il y a des femmes fumeuses de pipe, comme George Sand).

Bon, ça y est. On a sa pipe ou on attend que le livreur vous la dépose. Le grand jour arrive. D’abord, choisir le moment. On ne la bourre pas dans la rue ou tout de suite le paquet défait. On la regarde, on la démonte en tournant le tuyau en ébonite dans le sens des aiguilles d’une montre. On enlève, ou on laisse, le petit filtre en métal, ou on met un petit tube cartonné si c’est une pipe 9 mm. Au fait, je n’ai pas parlé des pipes avec filtre, c’est vrai, mais à part l’intérêt des discussions animées sur les forums, c’est la seule chose que je vois. On la remonte. On la met en bouche, histoire de s’habituer. En un mot, on est prêt, du moins presque. 

Il faut choisir du tabac. Je vous conseille de prendre du Kentucky Bird, pourquoi celui-là et pas un autre ? Parce qu’il se fume bien et qu’il a un bon parfum, parce qu’il n’est pas trop fort et qu’il ne rassasie pas. À défaut, prenez celui que vend votre buraliste en écartant l’Amsterdamer, le Clan et les tabacs bruns (Gris, Saint-Claude, etc.) pour préférer une blague plastique d’un mélange danois. Il faut rechercher le plus doux, le plus facile à fumer. Là, les conseils de Patrick Cornu vous seront d’une grande utilité. Vous allez chez votre marchand de tabac habituel, vous notez les noms des tabacs disponibles et vous passez un coup de fil à Patrick ou vous posez la question sur les forums ou encore vous m’envoyez un message. Vous appartenez à la famille des fumeurs de pipe, donc vous ne dérangez jamais.

Maintenant, on approche du moment le plus grave, le bourrage et de l’acte ultime, l’allumage.

Au terme bourrage, je préfère la formule « remplir sa pipe ». Sur le Net vous avez d’excellents petits films YouTube. Vous y verrez Pierre Voisin et Patrick Cornu. Ce sont de bons pédagogues. Mais reprenons les gestes.

Première phase, émietter le tabac. Dans une boîte ou dans une blague, il est tassé, serré. Il faut l’aérer, comme si vous vouliez en compter les brins. Pas besoin d’en faire une grande quantité, juste quelques grammes. Une fois cette opération terminée, on en prend une petite pincée qu’on dépose dans le foyer, sans tasser, et puis on recommence l’opération, encore et encore, mais toujours des petites pincées. On pousse un peu, surtout pas trop fort. Combien de pincées ? Au début peut-être quatre ou cinq, histoire d’atteindre le tiers du fourneau. Cette opération terminée, on lisse le tabac, c’est-à-dire qu’on s’efforce de faire une surface plane.


Passons maintenant à la vérification. On tire dessus comme si la pipe était allumée, on va à la recherche de la fumée. Il faut forcer ? Alors on a bourré et non pas rempli sa pipe. Une seule solution, recommencer. On vide et on remet doucement du tabac. Un truc, la résistance ne doit pas être supérieure à celle d’une cigarette. Essayez avec une clope non allumée, vous évaluerez mieux.

Au fait, pourquoi un tiers, pourquoi pas tout de suite un « bol » ? Tout simplement parce qu’on débute et pas seulement vous, mais votre pipe aussi et qu’il faut la respecter. D’abord, il faut pouvoir déguster le tabac, ensuite il faut qu’elle s’accoutume au feu et qu’on obtienne le mariage heureux entre la bruyère et l’herbe, une alchimie bien particulière. Apprivoiser le bonheur, voilà l’objectif. Vous allez dans une même action fumer et culotter votre pipe. Vous allez vous roder l’un l’autre, vous habituer l’un à l’autre, c’est aussi pour cette raison que je préconise l’achat d’une pipe neuve et non pas d’une estate. Une aventure unique. Une aventure qui se renouvellera à chaque nouvelle acquisition.

Maintenant, on allume. On craque une allumette et de sa flamme on caresse le fourneau, tout le fourneau. On aspire en même temps et on cherche à faire le plus de fumée possible. L’allumette brûle les doigts, l’allumage est terminé.

On continue à faire de la fumée, beaucoup de fumée et on se calme, surtout on se calme. On commence alors à tirer par petits coups comme pour faire un bruit avec les lèvres. Quand les volutes ne sont plus assez riches, on accélère le tirage, donc les mouvements de lèvres. Pas de grosses bouffées, pas question de refaire une grasse fumée, non des petits coups rapides jusqu’à ce que la combustion se refasse.

La pipe s’éteint. Rien de grave, il suffit de la rallumer, les allumettes sont là pour ça. Avant de caresser de nouveau le fourneau et de refaire de la fumée, on aplanit la cendre juste en posant le tasse-braises. Son poids suffit. Pas besoin d’appuyer comme un sourd. On fait un petit tour circulaire pour rendre la surface égale et on allume de nouveau.

Manque de chance, la pipe se met à glouglouter et un jus malodorant arrive dans la bouche. Rien de grave, on a des chenillettes, elles sont là pour ça. On glisse l’écouvillon, on lui fait faire un mouvement de va-et-vient. On le ressort. Il est sale. Tant mieux, c’est ça de moins dans les poumons, comme quoi, on avait raison de dire que la pipe c’est moins mauvais que la cigarette.

On fume doucement. On rallume quand il faut. Et ce ballet s’arrête quand après deux allumettes on n’obtient plus de fumée. La pipe est déjà finie. Il ne reste plus qu’un fond de cendre et quelques brins de tabac, le culot.

Si vous suivez calmement cette méthode, votre pipe ne chauffera pas et votre tabac sera toujours doux. Mais au cas où, ne soyez pas inquiet, votre pipe parle. Quand elle chauffe trop, vous ne pouvez plus la tenir. Elle doit être chaude, jamais brûlante. Si vous ne pouvez pas la tenir 6 secondes, posez-la et attendez qu’elle refroidisse. Revenue à la bonne température, il suffira de la rallumer. Quant au tabac, gros avantage du Kentucky Bird, si la combustion est trop forte, il pique la langue. Même motif, même punition, donc on rallume non sans avoir passé une chenillette pour enlever la condensation. Eh oui, il y a beaucoup d’eau dans le tabac.


Votre femme ou votre compagnon sont contents. La pièce embaume. Vous êtes calme et pendant une demi-heure vous n’avez pas ouvert la bouche pour critiquer les dernières mesures gouvernementales. Vous êtes heureux. Vous avez connu un moment de pur bonheur et il n’y a pas trois vieux mégots malodorants dans le cendrier.

Maintenant que faire ? Poser sa pipe et attendre ? Non, il faut la soigner, la préparer à un nouveau fumage, donc la nettoyer.

D’abord, il faut la vider. On attend qu’elle soit froide pour que le culot prenne une bonne part de l’humidité. On se sert, ensuite, du tasse-braises, encore appelé bourre-pipe. Il y a sur l’outil une sorte de cuillère. On gratte doucement avec (toujours de la douceur) pour dégager cendres et brins non consumés. On se met au-dessus du cendrier. On la retourne et on la vide. Ensuite, on souffle dedans pour dégager d’éventuels brins de tabac qui pourraient la boucher.

Dernier soin, passer une chenillette en faisant des va-et-vient. On pose la pipe, elle vous attendra sagement jusqu’à la nouvelle fume.

Quand elle est bien froide, on la glisse dans l’étui en tissu, celui qu’elle avait quand on vous l’a vendue. Elle sera protégée. N’oubliez pas que c’est l’œuvre d’un artisan. Même si bon nombre des gestes qui concourent à sa construction ont été réalisés par une machine, les pipes ne se fabriquent pas à la chaîne.

Laissez-la maintenant se reposer non sans avoir passé une main délicate sur son foyer ou mieux une feutrine pour la faire briller. Vous êtes heureux, vous avez touché quelques instants la sagesse et vous entendrez: « C’est fou, depuis que tu fumes la pipe, tu es beaucoup plus calme ». L’objectif est atteint. Plaisir et art de vivre, que demander de plus dans un monde agité.

Au fil des pipes, les gestes deviendront plus faciles, moins réfléchis, mais jamais automatiques. Une bouffarde se respecte. Ce n’est pas seulement un objet qui sert à fumer, c’est le prolongement de vous-même, c’est votre personnalité dévoilée. Merci à vous de nous rejoindre dans ce monde merveilleux, vivez heureux.

Sachez que je suis toujours là pour répondre à vos questions, que nous sommes tous là pour parfaire votre initiation.

       
Pierre Siramy
siramy.p@orange.fr



*En 2010, Pierre Siramy a fait paraître chez Flammarion "25 ans dans les services secrets", ouvrage co-écrit avec le journaliste Laurent Léger. En 2011, il a publié "Les Ombres de Tibhirine" (Presses de la Cité).

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12 commentaires :

Romain (Mycroft) a dit…

Excellent écrit! (comme à son habitude!)
Bien content de lire Pierre Siramy sur Pipe Gazette!

Little Smoke a dit…

Passionné, franc, ouvert, généreux, sage et fougueux à la fois, "notre" cher Siramy reste fidèle à lui-même!

Le lecteur novice ne peut qu'accrocher tout en étant guidé judicieusement dans ses premières bouffées, parfois périlleuses, il faut bien le dire!

Le rituel fait l'homme et cela se ressent! Excellent, merci Siramy!

Benoît (little Smoke)

Papitou a dit…

D'accord avec ce que vous écrivez, Monsieur Sirmary, sauf pour le choix du tabac: le Kentucky Bird ne me semble pas idéal pour commencer , ni pour porsuivre d'ailleurs. Il pique, brûle la bouche et sent tout sauf le tabac.... Je conseillerais plutôt un Amphora rouge.

Jean-Marc Esther a dit…

Merci piur ces conseils toujours utiles pour les fumeurs et pas seulement les débutants en effet, Je fume la pipe depuis 10 ans et je epux dire que c'est un long apprentissage, il faut de la patience, il faut aimer ça car on est souvent déçu au début pour enfin arriver à apprivoiser l'objet et à y trouver un plaisir incomparable. Des articles comme ça sont très utiles.

JMS a dit…

Oui merci. Je débute et j'ai eu tord d'acheter une pipe sur la baie déja culoter et qui n'a pas de gout. Alors que débuter avec une pipe neuve ça doit être autre chose. Que me conseillez vous comme tabac et comme pipe. Pour le tabac, j'ai pris du Clan.

Maurice DUFRESSE a dit…

JMS, suite à votre commentaire, vous pouvez me joindre sur mon mail ou prendre contact avec les pipiers que je cite dans l'article.

JMS a dit…

Maurice, qui êtes vous, svp ?

Maurice DUFRESSE a dit…

Je suis l'auteur de ce petit papier. Mon pseudonyme est Pierre Siramy, et je suis prêt à répondre à vos questions. À bientôt donc.

JMS a dit…

Merci Monsieur. Je suis passé au Sultan â Dijon et j'ai acheté une petite droite. Je vais y fumé du Amphora rouge.

Maurice DUFRESSE a dit…

Attention au bourrage et bonne fume.

Christian a dit…

Bravo et merci.

Je suis allé acheter ma première pipe (une Butz Choquin demi-courbe) après vous avoir lu et je vous ai relu avant de la remplir.

Le Kentucky Bird a un goût très agréable.

Malheureusement je n'ai pas échappé aux nombreux allumages, mais chaque erreur est un progrès et je vais persévérer.

Encore merci.

Anonyme a dit…

Cher monsieur,
Je tenais à vous remercier pour vos quelques lignes qui m’ont été très précieuses et extrêmement agréables. Voici une dizaines de jours que j’ai commencé a fumer la pipe avec un énorme plaisir sous vos conseils très avertis. Il est impressionnant de voir à quel point la pipe nous transporte vers un art de vivre et sagesse.
Encore merci à vous.
Bien amicalement,
Xavier.