09 novembre 2007

> AUTOPSIE D'UNE PIPE

Sur le groupe Pipes et Tabacs, nous avons souvent des questionnements curieux et intéressants: ce fut le cas récemment, lorsqu'il s'est agit de savoir si une pipe en bruyère avait une durée d'existence quasiment éternelle ou si, au contraire, comme nous tous ici-bas, son espérance de vie était limitée. Sur ce thème, les avis sont parfois contradictoires.
Certains pensent que le fait qu'une bruyère fonce et devienne marron très sombre indique que le bois est saturé de goudrons: dans ce cas, selon eux, la bruyère est "morte", le goût rendu désagréable et la pipe à jeter aux oubliettes.
D'autres supposent qu'il n'y a pas vraiment de péremption pour une pipe bien culottée, déculottée régulièrement dans le but de ne laisser qu'une mince couche de protection à l'intérieur du fourneau. Encore faut-il la laisser reposer et sécher au moins 24 heures pour que le bois ait le temps de subir sans dommage un nouveau fumage.
Pour avoir une réponse, certes non définitive (qui peut se targuer de détenir la vérité absolue ?), nous avons, avec mes amis Pierre et Michel, tenté une expérience d'autopsie de pipes !
Michel avait chiné un stock de vieilles pipes qui avaient sûrement été fumées sans ménagement et pendant des décennies par de charmants papis: pas entretenues, maltraitées, affreusement et irrégulièrelement culottées... bref, la pire des situations.
Le Docteur Pierre, dans son atelier de la Pipe du Nord, a accepté d'en sélectionner quelques unes et de procéder à un découpage dans la longueur. Je l'ai photographié en plein travail d'autopsie. Attention les doigts !
Enfin, j'ai remis à Michel ces cadavres de pipes tranchées par le milieu afin qu'il fasse pour nous des photos très fines.
Ma conclusion (et je crois que Pierre et Michel sont de cet avis): une pipe dont le fourneau a été correctement entretenu vivra bien plus longtemps que nous. Les seuls dégâts notoires observés viennent du fait que la pipe a nettement été brûlée, parce que le fumeur a trop fait chauffer, trop rallumé, rebourré avant repos, qu'il a laissé une couche de carbonne d'une épaisseur irrégulière s'installer, créant ainsi une mauvaise protection et des brûlures profondes. Et même avec la plus grande négligence et sur une durée vraissemblablement très longue, il reste encore du bois non affecté !
Enfin, le fait qu'une tête de pipe devienne très sombre au fil des années de fumage ne signifie pas qu'elle soit saturée de goudrons, de gaz et de jus.Dormez tranquilles, amis de l'erica arborea, vos pipes, bien soignées, ne partiront pas en fumée avant que vous ne cassiez la vôtre.

5 commentaires :

PML a dit…

Donc des pipes qui auraient pu être sauvées et qui, maintenant, sont définitivement mortes :o))))

calabash a dit…

L'avant dernière,une courbe,présente un perçage du bol qui laisse 3mm au plus me semble-t-il de fond,ce qui est très peu.
Malgré un culot intégral,cette faible paroi au fond de la pipe ne laisse aucun doute sur l' extrême résistance au feu de la bruyère...
Effectivement,nos bien-aimées ont de beaux jours devant elles!
Eric

Nicolas a dit…

Oui, je crois qu'on peut déjà les coucher sur notre testament !!!

Nicolas

Ludovic a dit…

superbe expérience merci!

moineau80 a dit…

Mieux vaut une démonstration simple qu'un long discours.
Ces photos sont rassurantes.

Moineau