23 mai 2009

> AU CAÏD DE LA PIPE



En 1878, une famille d'origine alsacienne fonde un magasin à l’angle du boulevard Saint Michel et de la rue Pierre Sarrazin, face aux thermes de Cluny dans le Quartier Latin, à Paris: "Au Caïd".
Parmi les nombreuses boutiques parisiennes de l'époque , le Caïd fut probablement la plus "people", fréquentée par le Duc de Windsor, Jacques Tati, Georges Brassens, Jean Vilar, Louise de Vilmorin, Pierre Sabbagh, Claude Darget, Jean Richard, Jean-Paul Sartre, Claude Brasseur, Lino Ventura, Laurent Terzieff … fumeurs de pipe pour certains, fumeurs tout court pour d'autres, venus acheter quelque accessoire.

Certains d'entre vous ont sans doute connu cette belle boutique d'angle, avec ses superbes vitrines et ses présentoirs en bois installés sur le trottoir même: une maison tenue dans la seconde moitié de 20° siècle par Mademoiselle Schmitt, de la quatrième génération de la même famille. Un dame charmante et passionnée.

Mais en 2001, des promoteurs -qui n'ont que faire d'une boutique où l'on vend des morceaux de bois- décident de transformer l’immeuble et le Caïd ferme ses portes début 2002.... pour rouvrir à deux pas de l'adresse originelle, au 12 rue de la Sorbonne. Il a fallu préserver et transporter les magnifiques menuiseries et les cartonniers anciens. Déménagement réussi ! Et même si l'emplacement actuel est sans doute moins exposé que sur le Boul'Mich, le Caïd reste l'un des hauts lieux de la pipe à Paris. Il appartient désormais aux Grenard (Chacom).




Le gérant, Didier Tubiana, a repris la conduite des opérations, succédant à Marion Grenard, qui a quitté la région parisienne pour le soleil de Provence. Didier ne vient pas du cercle restreint des familles pipières. Mais sa formation dans la menuiserie et la lunetterie lui assurent des connaissances et un savoir-faire bien appréciables. On peut même dire que, s'il n'est pas tombé dans la marmite quand il était petit, il s'y est plongé très vite et avec talent, réussissant même l'exploit d'effectuer un perçage courbe, ce qui n'est pas donné au premier pipier venu.

Ainsi, s'il ne fabrique qu'à ses heures perdues (elles sont rares !), Didier répare et, bien évidemment, vend des pipes. De toutes marques, même si les Chacom sont légèrement plus nombreuses que les autres... Quelles autres ? Les classiques BC, Peterson, Dunhill, Stanwell et Savinelli. Mais également des Brebbia, Il Ceppo, Mastro de Paja, Hilson, Neerup. Sans oublier les pipes estampillées "Au Caïd" et un stock, pas inépuisable, de vieilles Comoy's et de Graco, de plus de quarante ans d'âge, récemment retrouvées.

Didier a les défauts de ses qualités: expansif, cet homme aime vendre ce qu'il apprécie lui-même.
"J'avais prévenu Antoine Grenard, dit-il en s'amusant."

Attendez-vous donc à rencontrer un personnage enthousiaste et sincère !

"Il y a deux types de fumeurs de pipe, explique-t-il. Celui qui fume dans un morceau de bois jusqu'à ce qu'il se délite. Et celui qui sera malade si sa bruyère a la moindre griffure ou la moindre talure. Talure, c'est comme ça que mon ami Pierre Morel appelle un choc. Le langage des pipiers, il faut s'y faire !"

Et il s'y fait très bien.> AU CAÏD / tél. 01 43 26 04 01 >>

VUES

3 commentaires :

didier a dit…

RECTIFICATION / ce n'est pas pierre voisin, mais pierre MOREL ( mon mentor) qui m'as parlé de talures pendant la formation qu'il m'a prodigué à st claude,quand au perçage courbe, de nombreux pipiers en sont capable, ce n'est qu'une dificultés que l'on m'as mis au défi de réaliser, DIDIER TUBIANA

Pipe Gazette a dit…

Merci pour ce correctif !

J'ai mélangé mes Pierre.!


Nicolas
Pipe Gazette

Pipe Gazette a dit…

Ca y est, c'est corrigé. Mille excuses.

Nicolas