21 avril 2014

> LES BELLES PIPES: UNE "EGG" DE PIERRE MOREL

C'est un peu mon oeuf de Pâques: cette pipe signée Pierre Morel, qui vient de m'arriver, est belle et d'une forme généreuse. De plus, elle se révèle excellente à fumer !
Alors que la tendance actuelle est à la confection de pipes aux lignes déstructurées, manière de se démarquer mais fuite en avant sans limite, il n'est pas inutile de retrouver les formes classiques, basiques pour employer un terme ressassé. La plupart des pipiers expérimentés vous le diront: fabriquer, à la main, une billiard, une apple, une dublin ou une lovat, est la chose la plus délicate qui soit, car ces modèles bien connus ne supportent aucune erreur de proportions. L'oeil ne s'y trompe pas.
Cette Pierre Morel est d'une forme généreuse, qu'il est plaisant de tenir en main. C'est important, la prise en main. Et d'ailleurs, le sujet n'est pas assez évoqué. Car pour le fumeur de pipe, le plaisir réside aussi dans le toucher, voire osons le dire la caresse. Il est satisfaisant de sentir la douceur de velours d'une pipe lisse au creux de sa paume, autant qu'il est agréable de percevoir, entre ses doigts, la rugosité d'une bruyère sablée. Profond et régulier, le sablage de cette Morel est aussi le plaisir de la vue: l'artiste a su lire les lignes du bois pour en magnifier le veinage.
En outre, cette forme ovoïde généreuse, au delà de ses qualités esthétiques, présente l'avantage d'éviter tout échauffement, les parois étant épaisses aux endroits stratégiques. Le perçage, suffisamment large, facilite le tirage. Enfin, compte tenu de ses proportions, cette pipe aurait pu présenter les inconvénients d'un surpoids. Il n'en est rien: elle ne pèse que 58 grammes. 
Légèreté en bouche, rondeur en main et n'oublions pas l'essentiel douceur au fumage , car cette bruyère marocaine a séché pendant 25 ans. Inutile de dire qu'elle dégage, dès le premier allumage, une fumée fraîche, goûteuse et ne générant aucun picotement. 

Lire également: Pierre Morel, la fine fleur des pipiers >

VUES

8 commentaires :

Salabreuil a dit…

Magnifique ! Une forme classique est au fond une forme qui peut être réinterprétée. On ne s'en lasse pas, car malgré un aspect et des proportions codifiés, elle n'empêche jamais le pipier talentueux d'apporter sa touche personnelle.

Anonyme a dit…

Vous oubliez de citer le site de P.PM:
http://www.pierremorelpipes.fr/

Nicolas de Pipe Gazette a dit…

Oui, voici même le lien cliquable:

LE SITE DE PIERRE MOREL >

Michel a dit…

Je te rejoins sur le fait que sculpter manuellement une pipe de forme classique demande une maîtrise de la technique. En plus, il faut que le bois d'y prête. Mais il faut aussi un savoir-faire considérable pour arriver à créer une Nautilus ou une blowfish. Et pourtant, rien de classique dans ces formes-là... En réalité, ce qui me semble faire la différence, c'est ce que l'on appelle la freehand: le pipier adapte son travail à la bruyère,telle quelle se présente. Tout en aynat au départ une idée de ce qu'il veut obtenir, mais en variant au fur et à mesure de son travail et du dévoilement du bois. Cependant, là aussi, une connaissance de son travail s'impose.

Michel a dit…

Excuse-moi pour les fautes de frappes.

Nicolas de Pipe Gazette a dit…

@ Michel: oui, si tu veux; même si à mon sens une blowfish ou une nautilus autorisent quelques excentricités, ce que ne saurait permettre une apple ou une billiard...

Anonyme a dit…

Si à 50 ans on n'a pas de pipe Pierre Morel, on à raté sa vie.

Anonyme a dit…

Si à 50 ans on n'a pas de pipe Pierre Morel, on à raté sa vie.