Exemple

12 mai 2009

LETTRE OUVERTE A MAM

Voici la lettre ouverte envoyée au Ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, par le Président du Pipe-Club de France, Alain Pungercar. Ce courrier fait suite à "l'affaire Jacques Tati", que nous avions évoquée dans Pipe Gazette: la censure de la pipe de Monsieur Hulot sur les affiches du métro et des bus parisiens.


Madame le Ministre,

Le Pipe Club de France, association qui fédère la quasi-totalité des clubs régionaux de fumeurs de pipe de notre beau pays en appelle à votre bon sens.

Faut-il qu’une partie du peuple français dont l’esprit, la gouaille et les valeurs épicuriennes sont légendaires, soit devenue une masse hébétée, atone et tenue en laisse pour qu’elle courbe ainsi l’échine devant l’injure faite à l’esprit de liberté que constitue l’amputation de la pipe de Jacques Tati par Metrobus, la régie publicitaire de la RATP ?

Cette forme de « castration », aboutissement consommé d’une stupidité sans nom n’a, sauf erreur, amenée aucune réaction de votre part et je m’en étonne : il y va de la sécurité des personnes, attribution dont votre ministère est en charge.

Pour certains esprits faibles gavés de « politiquement correct » et d’idéologie anti-tabagique, la symbolique attachée à cet exploit tyrannique va constituer un signe, au nom d’une certaine forme de discrimination dite positive :

« La chasse au fumeur de pipe serait-elle ouverte ? »

A quand les atteintes physiques visant ceux d’entre nous qui oseront arborer en bouche une bouffarde même éteinte ?

Pour nous prémunir des exactions que nous risquons de subir de la part de certains illuminés, j’ai l’honneur de formuler très officiellement auprès de votre ministère une demande de « Permis de port de pipe ».

Cette pièce officielle, aux emblèmes de la république, serait attribuée aux membres du Pipe Club de France. Elle devrait leur permettre, en cas d’agression, de sauvegarder leur intégrité morale voire physique et préserver leur pipe.

Les joueurs de cartes de Cézanne, le garçon à la pipe de Picasso, l’autoportrait de Van Gogh, l’homme à la pipe de Gustave Courbet mais aussi Popeye, Sherlock Holmes, le capitaine Haddock… doivent-ils subir l’outrage fait à Monsieur Hulot ?


Une pensée aussi pour Edgar Faure, Pierre Sabbagh, Jean Richard, Jacques Faisant, Louis Leprince Ringuet, Piem, Bertrand et Bernard Blier, Francis Perrin, Roland Giraud, Claude Villers… la liste est longue de ces illustres intronisés par la Confrérie des Maîtres -Pipiers de Saint-Claude ; là où ils se trouvent, ils observent certainement avec une grande tristesse le « pudique » moulin à vent de Monsieur Tati…

Je ne doute pas, Madame le Ministre, que vous porterez une attention bienveillante à la demande extrêmement sérieuse que vous adresse un citoyen au nom des amoureux de cet objet d’art qu’est la pipe. Très solennellement je vous fais la demande d’une suite favorable à cette requête.

Je ne saurais conclure sans avoir une pensée pour Jean Cocteau qui disait fort justement, je le cite, « Le drame de notre époque c’est que la bêtise s’est mise à penser ».

Je vous prie de croire, Madame le Ministre, à l’expression de mes sentiments respectueux .

Alain Pungercar,
Président du Pipe Club de France

1 commentaire :

Anonyme a dit…

Dommage que les morts et les vivants soient considérés de la même façon... "là ouù ils sont". C'est maladroit.