...
Exemple

25 octobre 2026

► "La Bruyère", nom d'une pipe

Cette pipe estampillée La Bruyère est l'une des premières de cette série fabriquée à Saint-Claude (Jura) à l'occasion du lancement (ou de la relance) de cette marque.  

Il s'agit de pipes réalisées dans les ateliers Chapuis-Comoy & Cie — qui fabriquent notamment les Chacom et les Ropp.

La Bruyère est une marque ayant existé à partir du début du 20ième siècle et qui est ainsi relancée. Antoine Grenard, le patron de l'entreprise, était venu en juillet dernier à Paris pour présenter ces pipes, entièrement faites à la main par Thomas Manzoni, employé de l'usine depuis de nombreuses années. L'objectif d'Antoine est de proposer des pipes entièrement faites à la main ("freehand") et plutôt haut de gamme.

Celle-ci est une magnifique et robuste bouffarde, interprétation de la forme classique billiard ou néogène, mais à la tige forte et au tuyau "sifflet" mi-long en acrylique. Dans la gamme La Bruyère, il s'agit du modèle S2. Ce spécimen possède la particularité d'avoir un rebord de fourneau laissé granuleux, comme l'est, à l'extérieur, la croûte du broussin de l'erica arborea. Ici, probablement une souche italienne.

Le sablage profond et régulier se montre de toute beauté. Elle pèse 60 grammes, ce qui est plus que raisonnable pour une pipe généreuse. 

Lorsqu'on allume le feu, elle donne immédiatement le ton : la neutralité, celle qui respecte le goût du tabac en lui-même. Certaines pipes, rarement, le subliment, comme par magie — ou plus vraisemblablement parce que la bruyère a séché pendant de multiples décennies. D'autres, hélas, l'abîment. Celle-ci le laisse s'exprimer, ni plus ni moins. Qu'il s'agisse d'un virginie, d'un burley, d'un mélange des deux, d'un tabac brun ou d'un mélange au latakia, repect total. 

Notez que les pipes La Bruyère sont préculottées au charbon actif, afin d'éviter toute brûlure de l'intérieur de la tête lors des premiers fumages. Le fabricant se prémunit ainsi des accidents qui pourraient endommager le fourneau encore vierge, surtout de la part des fumeurs qui tireraient trop fort. Pourtant, il est tellement agréable de culotter tranquillement soi-même une pipe neuve et de sentir dès les premières bouffées la pureté et le goût du bois ! Mais il paraît que certains fumeurs impatients et sans doute un peu nerveux brûlent leur bruyère d'entrée de jeu. 
L'ouverture large du bec permet un tirage sans anicroche et évite toute surchauffe. Le travail de la lentille rend confortable son port en bouche. De A à Z, elle est remarquablement façonnée.

Un léger regret : que cette pipe La Bruyère n'ait pas de perçage permettant d'accueillir un filtre 9 mm, ce qui serait techniquement parfaitement possible, compte tenu de l'épaisseur de la tige.

1 commentaire :

Joseuvic a dit…

Tu as réussi à profiter du bon goût de la bruyère malgré le pré-culottage?
Pourquoi ne l’as-tu pas enlevé Nicolas?
Il s’enlève facilement chez Chacom.